Autisme : la pollution serait en cause
Une étude suggère que la pollution à laquelle les femmes sont exposées pendant la grossesse, particulièrement pendant le troisième trimestre, augmente le risque d’autisme pour leur enfant
Juliette Pouyat - Mardi 23 Décembre 2014
Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, la pollution atmosphérique
causerait 3,7 millions de décès par an dans le monde. Une équipe de la Harvard School and Public Health rapporte dans une étude parue dans le journal Environmental Health Perspectives
que les femmes enceintes exposées à des niveaux élevés de pollution,
notamment celle due aux particules fines, ont un risque accru que leur
enfant souffre d’autisme.
Lire : des oméga-3 pour atténuer les effets de la pollution atmosphérique
« La génétique joue un rôle important dans l’apparition des
troubles du spectre autistique mais les études suggèrent que
l’exposition à des facteurs environnementaux particulièrement in utero
et au début de la vie pourrait également avoir un impact sur le risque
d’autisme » expliquent les auteurs.
Lire : la pré-éclampsie augmenterait le risque d'autisme
Les particules fines sont des polluants atmosphériques issus de
l’activité humaine (transports, chauffages, industrie…) même si elles
peuvent également avoir une origine naturelle (éruption volcanique par
exemple). Elles peuvent passer des poumons à la circulation sanguine et
ont des effets négatifs sur la santé. Elles sont notamment un facteur de
risque du cancer du poumon.
Lire : la pollution, facteur majeur de cancer du poumon
Cette étude a été menée sur 1 767 enfants appartenant à la Nurses’
Health Study II (NHS II). Parmi eux 245 étaient atteints d’autisme. Les
chercheurs ont évalué le niveau d’exposition à la pollution des mères
durant leur grossesse en fonction de leur adresse d’habitation.
Les résultats montrent une association entre les concentrations de
particules fines, notamment celles ayant un diamètre inférieur à 2,5 µm,
auxquelles sont soumises les femmes enceintes durant leur troisième
trimestre de grossesse et le risque d’avoir un enfant atteint d’autisme.
Mais l’étude ne peut pas établir de lien de cause à effet étant donné
qu’il pourrait exister d’autres facteurs qui n’ont pas été pris en
compte dans l’étude.
Pour les particules fines de diamètre compris entre 2,5 µm et 10 µm, l’association trouvée est faible.
« Il y a des facteurs génétiques à l’autisme mais de plus en plus
de preuves s’accumulent pour dire que la pollution pourrait jouer un
rôle également » dit le Dr Marc Weisskopf, auteur de l’étude. "Ces
résultats ouvrent la porte à une réflexion pour la mise en place de
mesures préventives étant donné qu’ils concernent un facteur modifiable".
Le professeur Frank Kelly, directeur du groupe de recherche environnementale au King’s College London a déclaré « si
cette étude était isolée je n’en tiendrai pas forcément compte, mais
c’est maintenant la cinquième qui arrive à la même conclusion ».
« Ces résultats sont biologiquement plausibles. Le placenta est
là pour assurer au fœtus un apport optimal en nutriments. Mais si des
substances chimiques entrent dans le corps de la mère, alors le fœtus
peut également y avoir accès ».
Pour prévenir tout risque potentiel, les femmes devraient être mises
au courant des risques qu’encourent leur enfant si elles sont exposées à
une pollution élevée pendant leur grossesse.
Lire : une exposition aux pesticides pendant la grossesse augmenterait le risque d'autisme
Sources
Raz R, Roberts AL, Lyall K, Hart JE, Just AC, Laden F, Weisskopf MG.
Autism Spectrum Disorder and Particulate Matter Air Pollution before,
during, and after Pregnancy: A Nested Case-Control Analysis within the
Nurses' Health Study II Cohort. Environ Health Perspect. 2014 Dec 18. [Epub ahead of print]
Autism link to air pollution raised, BBC Health News
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